エピソード

  • 9 juin 1909 : L'incroyable traversée d'Alice Ramsey
    2026/06/09
    Ce 9 juin, mes enfants, il pleut sur New York et une certaine Alice Ramsey monte dans une voiture à destination de San Francisco où elle se rend avec trois copines. Jusque-là, même si c’est un sacré voyage en bagnole, 6000 kilomètres, rien de bien exceptionnel.

    Sauf que cette jeune mère de famille bourgeoise de 22 ans est née en 1887, nous sommes le 9 juin 1909. Et là, ce n’est plus la même histoire car il n’existe encore que 240 kilomètres de routes pavées sur les 6000. Et ensuite, la voiture fournie par le sponsor, une Maxwell, car oui, la marque cherche un coup de pub, et ben elle n’a qu’une capote en guise de toit, pas de vitres latérales, pas de jauge pour l’essence, il faut soulever le siège et descendre une tige dans le réservoir pour savoir s’il faut faire le plein, et il faut une manivelle pour la démarrer.

    Dois-je vous dire qu’il y a encore peu de stations services, que ces dames vont être tantôt trempées, couvertes de boues, tantôt brûlées par le soleil au cours de leur très long voyage à une moyenne de 15 à 30 km/h. De toute façon, elles sont effrayées par la vitesse de 64 km/h quand elle va, une fois, y aller à fond, pour voir.

    Les pneus n'ont pratiquement pas de sculpture. Dans la boue, il faut ajouter des chaînes. L'essieu arrière casse plusieurs fois. Les ressorts se brisent. Les vis se dévissent sous les vibrations. Le radiateur surchauffe au soleil. Une fois, les passagères ont dû remplir le circuit de refroidissement avec de l'eau depuis un fossé avec leurs flacons de toilette en verre. En Iowa, il faut 13 jours pour parcourir seulement 580 kilomètres tant les routes sont transformées en bourbiers. En réalité, la plupart des « routes » sont des pistes de terre, des chemins de diligence ou même de simples traces de chariots.

    Et donc si après deux mois isolées au milieu des pistes, une foule attendra la première femme à avoir traversé les Etats-Unis en voiture pour l’escorter dans San Francisco comme une héroïne, c’est on ne peut plus mérité car ce 9 juin 1909, même les routes ne sont pas encore tracées.
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  • 8 juin 1984 : Le choc "Gremlins" et "S.O.S. Fantômes"
    2026/06/08
    On va parler cinéma ce matin, et de classiques qu’on a tous vus. Ce 8 juin 1984, aux Etats-Unis sortent deux films à gros budgets qui n’auraient pas dû s’affronter, deux films familiaux au départ, mais qui au cours du traitement par le réalisateur ont pris un autre chemin, très risqué, car, à Hollywood, ils sont d’un genre sans précédent. Et vous le savez, dans ce cas, les grands studios évitent de se faire concurrence la même semaine.

    Et donc ce 8 juin 1984, les Américains sont invités à voir la nouvelle production de Spielberg, qui désormais, a un pool de réalisateurs avec lui. Ce doit être au départ une histoire pour le public de E.T. Ici, un adorable petit nounours qui peut devenir méchant si on n’en prend pas soin. Vous avez deviné qu’il s’agit de Gremlins mais que son réalisateur, Joe Dante, a rendu beaucoup plus mordant que prévu. Beaucoup d’enfants sont effrayés et de parents choqués, ce 8 juin, on craint un crash. Mais ce n’est pas ce qui va se passer puisque le public va basculer. A noter que c’est à cause de ce film qu’on va créer aux Etats-Unis une nouvelle catégorie : Interdit aux moins de 13 ans.

    Alors, si la sauce Gremlins va prendre, que va-t-il advenir de l’autre film à gros budget qui sort aujourd’hui ? C’est même le plus gros budget de l’histoire de la comédie. Il bat le record du précédent signé Dan Aykroyd : Les Blues Brothers. Et c’est pour ça qu’on l’a tourné. Les Blues Brothers a fait un triomphe

    Malheureusement, la mort de Belushi a compromis le projet. Aykroyd qui est l’auteur est désemparé, il est même déprimé. Il me l’a confié autour d’un verre, il y a pas mal d’années. Pourquoi ? Parce qu’il a perdu son meilleur ami, son complice, mais surtout parce qu’il n’a pas écrit cette histoire de fantôme par hasard. Le paranormal, c’est un truc de famille, son père a écrit des livres sur le sujet. Et donc, le rôle de Vekeman, repris par Bill Murray et qui a fait sa gloire, est né de ce drame. Pour la petite histoire, j’ai aussi eu l’occasion de passer une petite heure avec Joe Dante, et donc, je vous prie de croire que ce 8 juin 1984 a marqué la vie de ces deux hommes.
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  • 7 juin 1977 : Le coup d'éclat punk des Sex Pistols sur la Tamise
    2026/06/07
    Je suppose que vous vous souvenez du jubilé de platine de la Reine Elizabeth, c’était un 7 juin, 70 ans de règne. Et bien moi je me souviens aussi de celui de 1977, pour ses 25 ans de règne. Et tous ceux qui ont connu l’époque s’en souviennent parce qu’à ce moment-là sort le 45 Tours d’un groupe nommé les Sex Pistols, God save the Queen. Le régime britannique traité de fasciste, la photo d’Elizabeth déchirée, on voit ça partout. Pourquoi ? Et bien à cause d’un coup de comm du patron de leur firme de disques, Richard Branson.

    Aujourd’hui, tout le monde connaît le boss de Virgin Airlines, Virgin Espace mais en 1977 c’est l’éditeur de Mike Oldfield, organisateur de concerts et d'évènements. Et bien pour lancer le disque des Pistols, il organise une party à bord d’un bateau touristique de la Tamise qu’il a loué pour 500 livres. 80 invités sélectionnés, des journalistes dont mon pote Philippe Manoeuvre. On ne va retenir qu’une chose : les Sex Pistols vont jouer God Save the Queen devant Westminster, la police va arriver et stopper le concert, c’est rock’n’roll !

    Ce raccourci va profiter au bizness et surtout faire parler des punks dans le monde entier pour la première fois. Car tout le monde croit que c’est Buckingham ou le gouvernement qui a fait interdire le concert pirate. Or si vous avez vu The Crown, vous savez que la ligne d’Elizabeth II est de laisser faire, laisser dire. Et Philippe Manoeuvre n’a pas tout vu. En clair sur le bateau, tout le monde picole et danse, puis lors de leur concert, les Sex Pistols, très énervés de jouer pour une Jet Set des journalistes, deviennent violents. Sid Vicious le bassiste, blesse un journaliste, visage en sang, si bien que le proprio du bateau appelle la police qui l’escorte à quai. Descendez et dégagez disent les bobbies.

    Et là, Branson dit non, je n’en ai pas eu pour mon argent, on reste. Ça discute, ça traîne, de plus en plus de policiers arrivent et à un certain moment, allez, on a autre chose àfaire, on vire les gens qui restent dans le bateau, et là, c’est le chaos. Bousculade, injures, coups, certains se font arrêter devant les caméras, et là, Branson a ce qu’il voulait : les JT de la Terre entière diffusent, le phénomène punk sort de Londres et devient mondial. Et les Pistols vendent des millions de disques. C’était un 7 juin 1977.
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  • 6 juin 1971 : La fin silencieuse du "Ed Sullivan Show"
    2026/06/06
    Ce soir du 6 juin 1971, l’Amérique change radicalement puisque c’est le dernier numéro du Ed Sullivan Show. Pour vous faire comprendre, imaginez que le Champs Elysées de Michel Drucker ait duré 23 ans et soit diffusé à l’échelle de l’Europe entière et vous aurez une petite idée de ce que a été le show de Ed Sullivan, qui faisait physiquement plus penser à Guy Lux que Drucker. Je dirais un mélange de Richard Nixon et Guy Lux. Il ne souriait jamais et se tenait droit et raide comme un i.

    Mais depuis la fin des années 40, il a fait défiler le monde entier sur son plateau, à New York. C’est lui qui a présenté aux Américains, Elvis Presley, les Rolling Stones, les Who, les Supremes, les Doors, James Brown, Elvis, Soeur Sourire et surtout, en exclusivité, les Beatles aux États-Unis, 3 dimanches soirs d’affilée avec une audience record, début 1964.

    Mais ce soir du 6 juin 71, ce qui est fou, c’est qu’il ne va pas y avoir d’adieu.

    C’est juste une émission de plus, et puis plus rien. Le rideau tombe. Car Ed Sullivan n’est pas au courant qu’il est viré. Il n’est en effet plus à l’antenne depuis le 28 mars, on a fait que des rediffusions de numéros précédents.

    Motif : audiences en baisse. Vraie raison : on a changé d’époque, les responsables de la chaîne veulent tourner la page de cette émission à l’ancienne présentée par un gars qui n’est plus de son temps. On est deux ans après Woodstock, l’homme va sur la Lune tous les six mois et Ed Sullivan, lui, présente toujours des émissions pour l’Amérique profonde. C’est devenu La chance aux chansons, quelque part. Et ils n’aiment pas ça, les décideurs new yorkais, et ils ne veulent pas d’un mouvement de protestation causé par des adieux à l’antenne. Et puis pour une partie d’entre eux, les jeunes, ils gardent le mauvais souvenir de la boule au ventre quand commence le générique, elle leur fout le cafard du dimanche soir, c’est comme le canapé rouge de Drucker.

    Ce soir du 6 juin, Ed Sullivan tire sa révérence sans un mot d’adieu. Mais pour des dizaines de millions de téléspectateurs, et pour des générations d’artistes, il entre dans l’histoire.
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  • 5 juin 1975 : La réouverture du canal de Suez
    2026/06/05
    Depuis quelques semaines, à écouter les infos et surtout lire les “articles à clic”, dès qu’un bateau éternue dans le détroit d’Ormuz, le monde va s’arrêter demain matin. Quel bazar ! Et on sait tout ce qu’il y a derrière, des mecs qui profitent de ça pour s’en mettre plein les poches à notre détriment.

    Et ben à tous ceux-là qui nous font peur, pourraient-ils se rappeler que ce 5 juin 1975, le canal de Suez, LE canal de Suez, rouvrait après huit années de fermeture complète.

    Et pendant ces huit années-là, ben, on a continué à vivre.

    C’était comme aujourd’hui mais en pire. La guerre des Six jours en 1967 entre Israël et ses voisins. Le Canal de Suez était devenu un champ de mines, de chars abandonnés, d’épaves rouillées et des navires fantômes recouverts de sable du désert, on a appelé ça, la “flotte jaune”.

    Alors ce 5 juin 1975, quand les premiers bateaux recommencent à passer, c’est un immense soupir de soulagement. C’est vrai, en Europe, on sort à peine du choc pétrolier, avec les dimanches sans voiture, les limitations de vitesse, les économies de chauffage et certaines villes qui éteignent l’éclairage public la nuit.

    Donc, pas de panique ! Les grandes routes commerciales ont toujours été disputées. Le détroit d'Ormuz, Suez, Panama, chaque génération a cru vivre une crise “sans précédent”. Sauf qu’en 1975, on n’avait pas de notifications affolées toutes les cinq minutes, ni les titres catastrophes écrits en majuscules sur les réseaux. On allait aux nouvelles une fois par jour dans le journal du matin ou au JT le soir. Et entre-temps, ben, je vous le redis : on vivait.

    Et donc, les images de ce 5 juin qui montrent des remorqueurs, des drapeaux, et des cargos qui avancent lentement dans le désert doivent nous rappeler une idée très simple : le monde finit toujours par se remettre en marche. Ça va aller ! On est tous ensemble, comme ce matin avec la bande de copains de la Nosta Family.
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  • 4 juin 1984 : Le raz-de-marée "Born in the U.S.A."
    2026/06/04
    Ce 4 juin, c’est le premier jour de l’année 1984 où on voit apparaître partout la même silhouette : un jeans délavé devant un drapeau américain et une casquette rouge glissée dans la poche arrière. Même ceux qui ne parlent pas un mot d’anglais vont très vite mémoriser le refrain : “Born in the USA”.

    Franchement Springsteen était là depuis dix ans, il avait déjà sorti six albums dont un double, moi j’avais acheté le single The river, trois, quatre ans auparavant, c’était une grosse vedette du rock mais pas une star, chez nous.

    Mais à partir d’aujourd’hui, il va remplir tout l’espace pour nous, les jeunes des années 80. Parce qu’on vivait la musique ensemble, à l’époque. Les copains passaient sans prévenir, comment l’aurait-il fait, d’ailleurs. On passait les albums du début à la fin sur une chaîne Hi-Fi, assis par terre, en regardant les pochettes pendant des heures. On apprenait les paroles approximativement, on enregistrait les morceaux sur cassette pour les copains ou copines, on allait aux concerts en bande.

    Il n’y avait pas encore les écrans entre nous avec des profils retouchés, des pseudos, on n’imaginait pas cette étrange fatigue actuelle qui consiste à fabriquer sans arrêt une version améliorée de nous-mêmes. On appartenait à des tribus très réelles : les new wave, les branchés funk, les fans de hard, de pop française, les filles qui découpaient des photos dans Podium ou Rock & Folk.

    C’est ça aussi, la force des années 80 : les chansons accompagnaient réellement nos journées, nos vacances, nos premières bagnoles, nos histoires d’amour et même parfois notre manière de marcher dans la rue.

    Bon, on sait aujourd’hui que Born in the U.S.A. n’est pas un hymne patriotique primaire, c’est plutôt Rambo ou Voyage au bout de l’enfer. Mais il n’y a pas que nous, les francophones qui sommes passés à côté du texte, Ronald Reagan lui-même a utilisé la chanson lors de sa campagne électorale.

    Mais n’empêche, on ne pourra jamais décoller Born in the USA de l’image nos triomphantes années 80, probablement parce que la puissance de la musique et du chant de Springsteen passe au-dessus de tout.
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  • 3 juin 1965 : Alexeï Leonov, premier homme dans le vide spatial
    2026/06/03
    Ce 3 juin 1965, on va apprendre un truc de dingue : un homme marche dans l’espace. Enfin, il marche ! Je n’ai jamais compris pourquoi on a dit ça. Sûrement parce qu’on n’arrivait pas à l’imaginer. On n’imaginait rien, en fait. Et ben, le cosmonaute Alexeï Leonov est le premier homme à sortir dans le grand vide de l’espace.

    Aujourd’hui, on a oublié à quel point cet événement a sidéré le monde. En 1965, beaucoup de familles n’ont même pas encore la télévision à la maison, et voilà qu’apparaît sur les écrans les images floues d’un homme qui flotte loin au-dessus de notre planète, relié à sa capsule par un simple câble.

    C’est comme si les aventures de Tintin devenaient vraies. On avait tous lu On a marché sur la Lune : la grande fusée rouge et blanche, le sas, l’apesanteur et le capitaine Haddock bourré qui chante dans l’espace.

    On est dans le futur, les enfants ! Il nous a rattrapés. Les magazines annoncent des vacances sur la Lune avant l’an 2000, on a des engins spatiaux en jouet, des meubles design qui ressemblent à des capsules Apollo, enfin Mercury, et nous les mômes, on ne dessine plus des chevaliers ou des cowboys, mais des cosmonautes.

    Mais bon, ce 3 juin, la mission de Leonov est terriblement dangereuse. Lorsqu’il sort dans le vide spatial, sa combinaison gonfle tellement qu’il ne parvient plus à rentrer dans sa boîte de conserve soviétique. Le voilà qui flotte, seul, au-dessus de la Terre, coincé dehors. Que faire ? Et là, il prend une décision terrible : laisser échapper de l’air hors de sa combinaison pour la dégonfler, mais au risque de mourir dépressurisé. Mais ouf, ça marche !

    Je peux vous dire que ce qui vient de se produire va nourrir toute la pop culture des années suivantes. Notamment l’inspiration d’un David Bowie, évidemment. Et même s’il y a un double sens dans sa chanson Space Oddity, l’image de son Major Tom, tellement ébloui par la planète bleue qu’il refuse de redescendre, nous a tous fait décoller.
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  • 2 juin 1980 : Sortie de "Téléphone public", le film qui capture l'énergie rock
    2026/06/02
    Ce 2 juin 1980, un événement majeur secoue la jeunesse : la sortie au cinéma d'un film documentaire intitulé « Téléphone public ». Réalisé par le célèbre Jean-Marie Périer, qui avait immortalisé les idoles des années 60 comme les Beatles ou les Stones, ce film capture l'énergie brute de la dernière tournée du groupe Téléphone.

    À la fin des années 70, l’arrivée de Téléphone est une véritable déflagration car, à l'époque, on pense encore que le rock ne peut se chanter qu'en anglais. Ce groupe, composé de Jean-Louis, Louis, Corine et Richard, prouve le contraire avec une dégaine de bande qui semble dormir dans sa voiture, les cheveux dans les yeux et les blousons fatigués : un style presque « grunge » avant l'heure.

    Le film montre les coulisses, les concerts et surtout cette énergie insolente d'une génération qui, au tournant des années 80, a soif de liberté, de bruit et de chansons qui parlent d'elle dans sa propre langue. Téléphone n'est pas de la « variété déguisée en rock », mais un véritable groupe de rock francophone qui électrise les foules.

    Pour les adolescents de 1980, Téléphone est un signe de ralliement : on griffonne le mot « Hygiaphone » au marqueur sur ses fardes de cours pour affirmer son appartenance à cette révolution musicale. En immortalisant ce phénomène, Jean-Marie Périer a retrouvé chez ces quatre musiciens cette étincelle unique qui avait animé les plus grandes légendes du rock mondial.
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